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Perseus (public anglophone et non anglophone) Version imprimable Suggérer par mail

Par Julian Morgan, Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

La plateforme indépendante Perseus sur CD ROM est décrite en détail un peu plus bas, dans un article qui montre aussi la valeur de cet outil fabuleux. En termes d’utilisation, il met à la disposition des professeurs, chercheurs ou étudiants un système de récupération de données rapide et précis, sans équivalent sur le marché.

Une quantité énorme de ressources Perseus est disponible en ligne, sur http://www.perseus.tufts.edu. Cet article vise à montrer, dans un premier temps, comment utiliser Perseus pour la préparation de textes dans un environnement de langue anglaise, puis à envisager la possibilité d’une mise en application du système dans des écoles où l’anglais n’est pas la langue courante.

Perseus dans un environnement de langue anglaise

Le système scolaire britannique comporte deux niveaux d’examens en fin de cursus. Les CGSE sont passés par les élèves âgés de 16 ans, au terme de leur onzième année d’études. Les « A level »  sont passés par les élèves âgés de 18 ans (c’est un peu l’équivalent du Bac français). A l’échelle nationale, seul un très petit nombre d’élèves passe le A level en grec, guère plus de 200. En conséquence, le grec n’est proposé que dans très peu d’établissements scolaires et, si c’est néanmoins le cas, il est relégué au statut de discipline à étudier en dilettante ou d’activité extra scolaire. Il est donc essentiel de rentabiliser efficacement le temps disponible.

Récemment, un de mes élèves à la Derby Grammar School a eu son GCSE en grec à l’âge de 14 ans, et son A level à l’âge de 16 ans, en obtenant d’excellentes notes dans les deux cas. Sans l’aide de Perseus, ni lui ni moi n’aurions pu réussir. L’élève a préparé tous ses textes de A level, parmi lesquels quelques passages des Bacchantes d’Euripide et de l’Iliade d’Homère, en étudiant ces textes très en détail et en en travaillant le vocabulaire à l’aide des dictionnaires en ligne et des systèmes d’analyse morphologique intégrés à la version en ligne de Perseus. Chaque mot vérifié était copié-collé dans un tableau Excel, et l’élève amenait le document imprimé à chaque cours. Durant l’heure de cours, nous traduisions le texte et discutions de son contenu et des effets littéraires tandis que mon élève corrigeait ses notes à la main.

Pendant les cours, je consultais la version CD ROM de Perseus, qui offre un accès très rapide aux textes, traductions, encyclopédies, atlas, analyseurs morphologiques et dictionnaires. Les dons exceptionnels de mon élève m’ont parfois poussé dans mes retranchements mais nous avons été capables de travailler environ 40 lignes de L’Iliade en 30 minutes. La recherche du texte a été plus rapide et la préparation plus efficace qu’elles ne l’auraient été dans le cadre de méthodes traditionnelles d’enseignement et d’apprentissage basées sur les livres (même si j’en avais à ma disposition dans la classe). L’élève a estimé, d’après son expérience, que l’utilisation de ressources en ligne, en lui évitant la manipulation d’outils traditionnels (textes traditionnels, dictionnaires, livres de commentaires et de grammaire et manuels de traduction), lui a permis de réduire le temps de préparation de 75%.

Il est difficile d’imaginer une méthode plus efficace pour enseigner le grec dans l’environnement de fortes pressions et de temps compté auquel doivent faire face les professeurs de grecs britanniques. Le langage de Perseus étant l’anglais, les avantages dus à l’utilisation de la plateforme seront sans doute moins conséquents pour d’autres professeurs européens qu’ils ne l’ont été pour moi mais, néanmoins, l’analyseur grammatical utilise un vocabulaire aisément accessible à tous, puisqu’il est basé, pour l’essentiel, sur une terminologie latine. Pour finir, il me faut signaler que l’étudiant mentionné ici fut le plus jeune candidat à passer l’examen en 2002. Il s’agit d’une réussite exceptionnelle pour une discipline qui est rarement choisie tôt dans le cursus scolaire. Il est donc possible que seuls des élèves extrêmement doués soient capables de tirer autant profit du système, et que l’utilisation d’un tel outil se révèle beaucoup moins efficace pour des élèves moins brillants.

Perseus et les non anglicistes

Le processus décrit ci-dessus peut évidemment être extrêmement intéressant pour les personnes ayant l’anglais pour langue maternelle, ou pour les utilisateurs étrangers maniant cette langue avec suffisamment d’aisance. Qu’en est-il cependant, des étudiants en lettres classiques ne maîtrisant pas l’anglais et désireux, néanmoins, d’utiliser Perseus ? En sont-ils empêchés ou existe-t-il une solution ?

Un aspect clé du système de fonctionnement de Perseus en ligne consiste en la présentation des analyses morphologiques de mots sous forme de tableaux. En termes de mots utilisés, il faut noter que l’essentiel de la terminologie linguistique est similaire dans beaucoup de langues. Les termes latins comme infinitive (en anglais) ne varient guère en français (infinitif), italien (infinito), ou allemand (Infinitiv). La barrière de la langue n’est pas un problème pour cette phase du processus. Elle est cependant susceptible de le devenir si la personne a besoin d’utiliser le dictionnaire en ligne, car Perseus recherche les mots et explique leur signification sous la forme de petits développements incompréhensibles par les non anglicistes.

Pour parer cette difficulté, une stratégie possible consiste à ouvrir une fenêtre supplémentaire sur votre navigateur Internet en entrant dans Google (http://www.google.com). Il faut ensuite cliquer sur Language Tools (outils pour les langues), et une fenêtre s’affichera avec des propositions de traductions d’anglais en allemand, espagnol, français, italien et portugais. Maintenez cette fenêtre ouverte tout en continuant d’utiliser Perseus, puis copiez le texte affiché sur Perseus Word Study Tool (outil pour l’étude de mots) dans la zone de Google réservée à la traduction. Le processus sera un peu plus lent mais les premiers résultats montrent que la qualité de la traduction est excellente. Prenez un peu de temps pour étudier le screenshot ci-dessous et voir comment vous pouvez tout à la fois, sur un même écran, consulter les textes grecs, afficher les analyses et les traductions en anglais et obtenir leur traductions en français grâce à Google.


L’article suivant est tiré du JACT Bulletin, automne 2000

Paru dans sa première version en 1997 au Royaume-Uni, le logiciel Perseus 2 est maintenant édité dans une nouvelle version, avec le même contenu, sous la forme d’une plateforme indépendante fonctionnant à la fois sur Mac et PC. C’est une excellente nouvelle pour les utilisateurs de PC qui, jusqu’à présent, n’avaient accès qu’au site Web de Perseus, sur  http://www.perseus.tufts.edu. PIP (Platform Independent Perseus) existe en deux versions, Full (version complète) et Concise (version abrégée).

Full PIP se présente sous la forme de quatre CD ROM et contient 24,000 images en couleur du monde grec ancien, parmi lesquelles 14,500 dessins de vases, 1,000 cartes en couleurs et images satellite, et 3.4 million de mots tirés de textes grecs. Elle contient également une série d’outils philologiques permettant l’étude, l’analyse et la comparaison de textes. Concise PIP se présente sous la forme d’un unique CD ROM (au lieu de quatre) et environ 18,000 images (sur 24,000) ne sont plus visibles qu’en miniature. Tout le reste est conforme à la version complète.

Comme toujours, je reconnais la dette que nous avons envers Greg Crane et l’équipe Perseus de Tufts University, dont le travail revêt une importance vitale pour l’avenir des lettres classiques dans le monde entier : Perseus est à ce jour, et sans conteste, le meilleur logiciel jamais créé dans ce domaine, et le fait qu’il soit dorénavant compatible sur tous les ordinateurs constitue une excellente nouvelle. L’implantation de PIP sur Mac est très similaire à celle sur PC, et le même CD ROM peut être utilisé sur les deux types d’ordinateurs avec la même facilité. La procédure d’installation ne requiert que peu d’efforts, de temps et d’espace sur le disque dur. Il est même possible, sauf peut-être pour les plus timorés, de personnaliser les procédures utilisées : si vous ne disposez que d’un lecteur CD mais souhaitez utiliser les images de plusieurs CD ROM, vous pouvez faire fonctionner PIP en sauvegardant des fichiers sur votre disque dur (2 gigaoctets sont nécessaires pour stocker toute l’information), sans avoir à insérer et éjecter en permanence plusieurs disques.

Perseus est une acquisition indispensable pour tout département où le grec est enseigné, de même que tout autre cours sur l’art, l’architecture ou l’histoire grecs. Dans les établissements scolaires qui n’utilisent que peu les TIC, PIP représente à elle seule un apport très conséquent en ressources, offrant une collection complète de documents utiles à la fois aux enseignants et aux élèves de la spécialité. La complexité de son fonctionnement ne doit toutefois pas être sous-estimée, et il est à cet égard fort dommage que YUP ait décidé de ne pas distribuer de manuel imprimé avec le nouveau logiciel : même si cet imprimé peut être téléchargé et imprimé par le biais d’Internet, ce n’est pas la marche à suivre.

D’autres points sont décevants. Il m’a été impossible de faire une recherche sur des mots grecs proches, que ce soit sur Mac ou sur PC, et j’ai constaté avec désespoir qu’il n’était plus possible de consulter les textes anglais ou grecs indépendamment les uns des autres. Les deux textes s’affichent sur la même page, le grec à gauche et l’anglais à droite. La plateforme Perseus n’étant pas réservée aux seuls spécialistes de lettres classiques, ce double affichage peut s’avérer gênant, en confrontant en permanence beaucoup d’utilisateurs à leur incapacité à déchiffrer le grec. De plus, on ne peut même plus ajuster l’affichage en faisant bouger le point de démarcation entre les deux langues, une caractéristique pourtant basique sur les versions Perseus 1 et 2 sur Mac.

Des images de certains plans du site ne sont pas actives en tant que boutons, comme c’est le cas dans Perseus 2 : le site Internet est pourtant homogène de ce point de vue. On note la perte d’autres fonctionnalités, telles que, les notes de Sir Richard Jebb sur Œdipe Roi (édition annotée des Presses Universitaires de Cambridge, 1887) et une utilité amoindrie du « Search Saver », qui sur les versions précédentes, pouvait sauvegarder les résultats d’une recherche sur le Calepin d’un Mac. Ces résultats pouvaient ensuite être utilisés en sessions pour fournir des liens actifs. L’ensemble donne une impression d’appauvrissement par rapport à la version Perseus 2 pour Mac.

Je conseillerais aux utilisateurs de PC d’acheter la version complète de PIP dès que possible, et de consacrer le temps nécessaire pour s’adapter à ses vicissitudes. Elle est plus rapide et plus sûre qu’Internet et je considère qu’il est préférable d’avoir une base installée plutôt que d’utiliser un site Web. En ce qui concerne les utilisateurs de Mac, je donnerais un conseil bien différent : si vous possédez déjà Perseus et n’envisagez pas d’utiliser un PC, ne vous préoccupez pas de PIP – votre version fonctionne mieux et vous avez aussi certainement un excellent manuel d’accompagnement. Il serait fortement souhaitable que le PIP soit développé plus avant, tant en termes de logiciel qu’en termes de contenu de la base de données.